• Vincent Jacques

Pourquoi le latin moderne s'apprend-il tellement plus vite que les autres langues ?

Mis à jour : juin 8

Si le latin moderne se parle naturellement, c’est que cette langue suit les réflexes innés qui sont profondément ancrés en nous.


Par exemple, un non-francophone pourra essayer de dire : « vous musiquez bellement ». Il se rendra alors peut-être ridicule, ce qui, soit dit en passant, fausse la relation humaine, mais pourtant il ne fera qu’appliquer avec rigueur les structures logiques de la langue française.


En latin moderne, on a le droit de dire « vos bele musicat ». La liberté de faire du concept "musique" un verbe résulte simplement de la terminaison -at : celle-ci indique toujours un indicatif présent. La terminaison -e indique l'adverbe ou l'adjectif. La langue ne connait pas d'exceptions, ce qui la rend très facile à assimiler sans apprendre par cœur de longues listes de règles et d'exceptions à ces règles.

Les langues traditionnelles s’acquièrent de façon additive, le latin moderne de façon multiplicative. Dans de nombreuses langues, les mots santé, guérir, curatif, etc., doivent être appris séparément : le processus est additif. En latin moderne, chaque nouvelle racine multiplie le lexique préalablement acquis.


Considérons le mot sana, qui exprime la "santé", et juvena, qui signifie la "jeunesse" , ainsi que cinq éléments — cinq morphèmes, dirait un linguiste — particulièrement multiplicateurs : -e (fonction adjective), -a (fonction substantive), -are (fonction infinitive), le préfixe re- (retour) et le suffixe -igena (causatif). Leur combinaison donnera sane : "bien portant", sana : "santé", resanigenare : "guérir" ("rendre de nouveau bien portant"), resanigena : "guérison", resanigene : "curatif", juvene : "jeune", juvena : "jeunesse", rejuvenigenare : "rajeunir", rejuvenigena : "rajeunissement", etc.


Un seul monème de plus, le suffixe -abla, qui exprime la possibilité, accroîtra sensiblement votre vocabulaire. A côté de able : "possible" et abla : "possibilité", vous formerez sanigenable : "guérissable", "curable", ou encore abligenare : "rendre possible", "donner la possibilité de".


Le même système étant appliqué à toute la langue, le vocabulaire à mémoriser est fortement réduit.


En appliquant les cinq éléments précités au verbe vidire : « voir », l’élève formera lui-même vida : "vue", "vision", vide : "visuel", vidigenare : "faire voir", "montrer", vidable : "visible", vidabla : "visibilité", etc.


Ainsi, une fois les cinq premiers éléments acquis, il suffit d’apprendre un mot pour pouvoir traduire une dizaine de mots français, et même composer des mots supplémentaires qui ne peuvent être traduits dans notre langue que par des circonlocutions.

L'apprentissage d’une langue traditionnelle impose la soumission : pas question de vagabonder hors des chemins tracés. Il m’aide est admis, il aide moi ou il aide à moi sont exclus. En anglais ou en allemand, on n’a pas davantage de choix, mais les structures imposées sont différentes : he helps me (il aide moi), er hilft mir (il aide à moi). Ces contraintes sont comparables aux usages et formes de politesse qu’il faut respecter si l’on ne veut pas choquer, et qui donnent à chaque culture sa saveur irremplaçable.

Mais ce qui a un sens dans le cadre d’une culture donnée n’en a plus au niveau interculturel. L’ordre des mots de la phrase néerlandaise ou allemande, qui contribue à donner à ces langues leur génie particulier, se mue en handicap dans la communication inter-peuples : il empêche le locuteur non-natif de s’exprimer avec la même aisance que le natif.

Visant à faciliter au maximum le dialogue humain et à ne pas avantager les locuteurs natifs de certaines langues plutôt que d'autres, ni certaines cultures par rapport à d'autres, le latin moderne accord une plus grande flexibilité à ses locuteurs, à partir du moment où le sens de la phrase reste clair. C'est donc une langue de liberté.


En outre, il est important de noter que le latin moderne s'écrit toujours comme il se prononce : pas de lettres muettes, de son pouvant s'écrire de multiple manière (comme "o", "au", "eau", "eaux", "aut", "aud", "ô",...). Tout son correspond à une et une seule lettre. Pas besoin de dictées, puisque personne ne fait de fautes d'orthographe !

Grâce à l’effet multiplicatif, à l'absence d'exceptions grammaticales, à la plus grande liberté d'expression, ainsi qu'à la prononciation phonétique de la langue, l’élève moyen accède en un an à une capacité de communication supérieure à celle que lui confère, à nombre égal d’heures hebdomadaires, une dizaine d'années de cours d’anglais.

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