• Vincent Jacques

Les anglomaniaques, idiots utiles de l'impérialisme américain

Dernière mise à jour : juil. 21

Imposer sa langue est aussi une manière d'imposer sa vision du monde et d'écouler ses marchandises. Les Etats-Unis l'ont parfaitement compris. Les Européens et les Français, beaucoup moins...


Extrait de l'article de Michel Feltin-Palas publié sur L'Express le 29/06/2021


De La Fontaine à Hugo en passant par Marivaux, les enseignants de France et de Navarre s'efforcent de faire découvrir à nos chères têtes blondes les oeuvres de nos grands écrivains et c'est très bien ainsi. En revanche, ils ne leur dispensent aucune culture linguistique, ce qui est plus regrettable, y compris sur le plan géopolitique. Car la langue, on l'oublie souvent, est aussi un instrument d'influence des Etats. Le latin du temps de l'Empire romain ; l'espagnol et le portugais en Amérique latine ; l'arabe au Proche-Orient ; le français au Maghreb et en Afrique de l'Ouest... Dans l'Histoire, langue et expansion territoriale sont souvent allées de pair.


Cette règle profite aujourd'hui principalement à l'anglais, qui a commencé à se répandre dans des pays bien éloignés des îles britanniques au fur et à mesure des conquêtes coloniales de l'Angleterre. La langue de Shakespeare profite aujourd'hui de la puissance des Etats-Unis, dont l'impérialisme a connu trois grandes phrases : d'abord, la conquête de l'Ouest ; puis l'annexion de territoires plus ou moins éloignés, comme Hawaï, l'Alaska et Porto Rico, avant qu'une rupture ne s'opère après la Seconde Guerre Mondiale. Depuis 1945, en effet, l'impérialisme linguistique américain ne dépend plus de l'extension géographique des Etats-Unis, mais de trois autres éléments : la technologie, la puissance militaire et la domination linguistique, comme le souligne l'historien Daniel Immerwahr (1). Winston Churchill l'avait bien compris. "Contrôler la langue offre bien plus d'avantages que prendre des provinces ou des pays pour les exploiter", déclarait en substance l'ancien Premier ministre britannique. Avant d'ajouter avec son sens bien connu de la formule : "Les empires du futur seront spirituels". Un précepte que complète Donald Lillistone - un Anglais - dans un excellent article de la revue Défense de la langue française, en écrivant : "Les langues façonnent les sociétés et le statut privilégié dont jouit actuellement l'anglais est donc lourd de conséquences profondes" (2).


La suite de cet article est disponible sur le site de L'Express




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