• Vincent Jacques

Le latin moderne : une langue pour sauver l'Europe !

Mis à jour : mai 24

L’Europe doit affirmer sa souveraineté culturelle et linguistique

L’Europe fut pour la première fois unie avec l’Empire romain : la pax romana apporta alors paix et prospérité au continent. Suite à la chute de Rome, plusieurs tentatives apparurent au fil des siècles pour réunir à nouveau l’Europe par la force, comme celles de Charlemagne ou de Napoléon. Mais c’est finalement une initiative pacifique et égalitaire qui y parvint après la seconde guerre mondiale, aboutissant aujourd’hui à l’Union européenne.

Dans le sillage de l’Empire romain, le continent continua d’utiliser le latin pendant plus de 1 500 ans pour communiquer entre peuples de langues maternelles différentes. Puis la France, forte de sa puissance économique et culturelle, parvint à imposer l’usage du français dans les relations internationales, notamment en Europe. L’avènement des Etats-Unis comme superpuissance incontestée au XXème siècle propulsa l’anglo-américain comme lingua franca mondiale, remplaçant à son tour le français.

Que l’anglo-américain, ou plutôt cette langue appauvrie et approximative que l’on appelle globish, soit devenue langue de communication mondiale, ce n’est pas idéal car c’est une langue difficile à apprendre, à prononcer, et porteuse de discriminations. Qu’il soit également en train de remplacer et de faire disparaitre les langues historiques de plusieurs pays anciennement colonisés, en Afrique notamment mais aussi en Europe (Irlande et Malte), c’est triste. Mais que l’Union européenne, ensemble politique fondé sur des principes de non-discrimination, d’égalité entre les citoyens, puisse à son tour subir le même sort linguistique et culturel que le Nigéria ou le Botswana, on ne peut l’accepter !

Il est temps que l’Union européenne, deuxième économie mondiale, reprenne en main sa souveraineté linguistique et culturelle en utilisant sa propre langue de communication entre peuples européens. Souhaitons-nous devenir une colonie des Etats-Unis, sous protectorat militaire, économique, culturel et linguistique, ou souhaitons-nous affirmer notre identité européenne et mettre en avant notre propre langue ?

Quelle est la langue de l’Europe ?

Plusieurs options s’offrent aux peuples européens, ainsi qu’aux institutions de l’Union, pour communiquer entre eux. Nous pourrions utiliser une des langues maternelles de l’Union européenne, telle que le français, l’allemand ou l’espagnol. Mais ce serait injuste et discriminatoire envers tous ceux qui ont une autre langue maternelle et qui seraient donc désavantagés dans la maîtrise de la langue choisie.

Nous pourrions alors utiliser l’espéranto, une langue construite en 1887 à partir de plusieurs langues européennes. Mais malgré ses qualités certaines, cette langue est souvent critiquée pour son absence d’histoire ancienne.

Comme vu précédemment, le latin a longtemps joué ce rôle de langue de communication neutre en Europe, avant de disparaître. Comme le grec ancien, l’hébreux ancien ou l’arabe classique ancien, le latin est devenu une langue morte. Cependant ces langues sont toujours parlées aujourd’hui, par des millions de locuteurs, sous des variantes modernes : grec moderne, hébreux moderne, arabe standard moderne. L’hébreux était même une langue morte depuis 2 000 ans, utilisée uniquement dans le cadre de cérémonies religieuses, avant de ressusciter sous une forme moderne grâce au travail de Ben-Yéhouda.

Comme l’ont fait ces peuples, nous pourrions aujourd’hui faire revivre notre langue commune antique, sous la forme d’un latin moderne qui sera une variante du latin classique, et l’utiliser pour communiquer facilement entre peuples européens.

Le latin est déjà très présent en Europe

Il faut noter que le latin n’est pas tout à fait une langue morte, puisqu’elle est encore très présente autour de nous. Ne serait-ce qu’en marchant dans la rue, ne croisons-nous pas une multitude de monuments portant des inscriptions en latin ?

L’Eglise catholique utilise le latin pour sa communication interne ainsi que pour la célébration de certaines messes. De nombreuses chansons sont chantées en latin.

Lorsque l’Union européenne s’est choisi une devise en l’an 2000, c’est en latin qu’elle fut adoptée : « In varietate concordia » (unie dans la diversité).

En Suisse aussi, le nom officiel du pays est un nom latin : Confœderatio helvetica, ainsi que sa devise : « Unus pro omnibus, omnes pro uno ».

L’enjeu : diversité culturelle, préservation de nos identités, rayonnement international

L’enjeux n’est pas simplement d’avoir une langue de communication qui sera plus facile à apprendre, même si c’est déjà un point essentiel permettant d’éliminer les discriminations linguistiques (le latin moderne s’apprend 10 fois plus vite que l’anglais).

A long terme, l’enjeux est surtout de préserver nos cultures européennes dans toute leur diversité. En effet, imaginons qu’un jour nos dirigeants décrètent que tous les Européens doivent parler couramment anglais pour pouvoir vivre et travailler dans leur propre pays, alors les familles européennes se mettront progressivement à ne plus transmettre leur langue maternelle à leurs enfants (au profit de l’anglais). Les familles parleront anglais à leurs enfants, au lieu de leur propre langue, pour augmenter leurs chances de réussite professionnelle. Après quelques siècles, cela entraînera ainsi la mort du français et des autres langues européennes, comme cela est déjà arrivé à la langue irlandaise.

Notons qu'il ne s’agit en aucun cas d’imposer une langue unique à l’Europe, mais au contraire de proposer une langue commune permettant aux institutions et aux peuples européens de se comprendre et de travailler ensemble le plus efficacement possible, tout en conservant leurs langues maternelles, leurs cultures et leurs identités propres.

Par ailleurs, une langue européenne, dont l’apprentissage donnera accès à la deuxième économie du monde, sera forcément attractive pour les habitants du monde entier. Sa facilité d’apprentissage, comparé aux bénéfices de la maîtriser (que ce soient pour des échanges commerciaux, scientifiques, culturels, diplomatiques ou touristiques), feront du latin moderne une langue qu’une grande partie de la population mondiale aura intérêt à apprendre.

Qu’est-ce que le latin moderne ?

Le latin moderne est une variante du latin classique, adapté aux besoins du monde actuel. Héritier d’une histoire et d’une culture plurimillénaire, enrichi d’un vocabulaire moderne, débarrassé des déclinaisons et autres complexités grammaticales inutiles, il conserve la richesse et la précision du latin mais s’apprend 20 fois plus rapidement.

Une langue extrêmement rapide à apprendre

L’apprentissage du latin moderne est extrêmement rapide comparé aux autres langues vivantes :

  • Tous les mots s’écrivent comme ils se prononcent (pas de lettres muettes, etc.)

  • La grammaire est entièrement régulière (pas de verbes irréguliers, de pluriels irréguliers, etc.)

  • La conjugaison est simple et régulière

  • Les préfixes et suffixes permettent de construire et comprendre les mots très facilement

  • Le vocabulaire latin ressemble à beaucoup de langues européennes ce qui en facilite l’apprentissage pour beaucoup d’Européens

Temps d’apprentissage du latin moderne comparé aux autres langues

Note : hypothèse de 3 heures de cours par semaine dans le cadre scolaire (environ 30 semaines par an), pour un locuteur natif d’une autre langue européenne

Sources : http://www.englishprofile.org/images/pdf/GuideToCEFR.pdf (pour l’anglais), http://aftrieste.it/quel-niveau.html (pour le français), http://www.deutschsprachschuleortenau.eu/blog/apprentissage-de-l-allemand/temps-apprendre-allemand.html (pour l’allemand)

*Estimations à affiner

Une langue progressiste

Résolument actuel, le latin moderne est la seule langue qui garantit l’égalité entre les sexes puisque son vocabulaire n’a pas de genre. Tous les noms sont donc neutres, y compris pour les noms de profession (ex : un seul mot désigne à la fois « l’acteur » et « l’actrice »), les liens familiaux (ex : copain/copine, époux/épouse, oncle/tante, cousin/cousine, fils/fille,…), etc.

Il ne comporte donc évidemment pas de règle du type « le masculin l’emporte sur le féminin ». Également, il ne renferme pas d’a priori sur les préférences sexuelles des individus. Ainsi, par exemple, à côté des mots « père » et « mère », un troisième mot neutre désigne aussi bien l’un que l’autre de manière indifférenciée (équivalent de « parent » mais employé couramment).

Conclusion

Au vu de ces éléments, il apparaît que les peuples européens bénéficieraient fortement de l’adoption du latin moderne comme langue commune européenne : pour le fonctionnement de l’administration européenne bien sûr, mais aussi dans les affaires, le tourisme, les échanges culturels,… Au lieu de diviser l’Europe, et au lieu d’amenuiser peu à peu sa diversité culturel, l’adoption du latin moderne pourrait permettre l’avènement d’une nouvelle Europe plus souveraine, plus unie et plus démocratique.

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